Par Christophe de Hody

Il existe diverses manières de consommer et de conserver les plantes sauvages. Parmi elles, le séchage pour la confection de tisanes est une solution qui permet de les conserver longtemps, et de les consommer toute l’année, indépendamment des saisons. Plantain, framboisier, trèfle rouge, reine des prés… Les plantes sauvages qui se prêtent à une utilisation sous forme d’infusion sont nombreuses.

La plante sauvage est un miracle de bienfaits. Si elle a poussé spontanément sur un site donné, c’est qu’elle y trouve tout le nécessaire pour donner le meilleur d’elle-même. La tisane fraîche ou sèche est un des réceptacles idéal pour profiter de tous les principes actifs de ces plantes, elles sont même un must pour drainer l’organisme.

De nombreux travaux ont montré leur efficacité. Après séchage elles possèdent une stabilité d’environ une année. Pour information, les racines, tiges et graines se conservent mieux que les feuilles et les fleurs.

Si vous souhaitez les utiliser fraîches, je vous recommande de bien les ciseler pour augmenter l’extraction des molécules et d’augmenter les doses, au moins par deux ou trois car les plantes contiennent plus de 80% d’eau, et 100 g de plantes sèches sera donc beaucoup plus concentré en molécules actives que 100 g de plantes fraîches.

tisane2

Afin de préparer ses tisanes, il convient d’abord de déterminer ses besoins. A chaque plante ses vertus, en voici quelques exemples :

-La benoîte urbaine (racines) est cicatrisante, anti-diarrhéique, anti-dysenterie, stomachique (stimulante des fonctions digestives de l’estomac)

-La reine des prés (sommités fleuries) est efficace contre les rhumatismes et l’arthrose, elle est diurétique et anti-inflammatoire.

-Le sureau noir (baies + fleurs) est la plante de la grippe et des bronchites par excellence, elle est  anti-infectieuse,  anti-inflammatoire, sudorifique et diurétique.

-Le plantain (feuilles) est antiseptique et expectorant. Il régule le transit intestinal. C’est un anti-inflammatoire et antibactérien.

-Le framboisier (feuilles) est la plante de la femme par excellence. Elle apaise les syndromes prémenstruels, favorise l’allaitement, calme les symptômes de la ménopause

-Le Pissenlit, (feuilles) : diurétique, cholérétique. Feuilles et racines : antioxydante, digestive, stimulante des fonctions biliaires et hépatique

-Le coquelicot, (pétales)est calmant et sédatif et antitussif.

L’achillée millefeuille (sommités fleuries) est digestive, anti-inflammatoire, protectrice hépatique et régulatrice du cycle menstruel.

Le lamier blanc (sommités fleuries) est un drainant rénal, efficace pour éliminer l’acide urique donc contre la goutte, il est également expectorant et possède une longue liste d’autres propriétés.

L’ortie (feuilles) est reminéralisante, anti-inflammatoire, anti-allergique, protectrice hépatique, diurétique, hypotensive et la liste est longue.

-Le trèfle rouge ses inflorescences sont proposée pour les symptômes de la ménopause, ses feuilles et fleurs sont reminéralisantes.

Contre-indications : Enfants de moins de 2 ans et cancers liés aux oestrogènes.

-Le rosier sauvage : Ses fleurs, feuilles, et écorces sont astringents. le faux fruit (cynorhodon) est aussi antioxydant, anti-inflammatoire, permet de prévenir les infections hivernales, et permet un meilleur équilibre du système nerveux.

Les plantes peuvent contenir des principes actifs puissants. Il convient avant de les consommer de vous renseigner sur la posologie, les contrindications, et de respecter les règles d’une cueillette en toute sécurité. En moyenne on recommande 1 cuillère à soupe de plantes sèches par tasse et 3 tasses/jour. Ou de 5 à 10 g pour respectivement 1/4 à 1/2 litre d’eau à boire dans la journée.

Quelques règles pour sécher ses plantes sauvages

Tri il se fait lors de la cueillette directement, laissez sur place ce que vous n’utilisez pas.

Nettoyage lavez les plantes si elles sont vraiment sales, puis il faudra bien les sécher pour éviter qu’elles ne moisissent, par exemple au four à 50 degré. Si elles ne sont pas sales on ne les lave pas pour faciliter le séchage.

Séchage à l’air libre Bien étaler les plantes sur un tissu ou du papier absorbant sans encre ou les suspendre dans un endroit ventilé à l’abri du soleil et dans l’idéal à l’abri de la lumière, pour les faire sécher. Cette solution se prête aux plantes cueillies entières, comme le laurier ou la lavande. Les conserver dans un endroit sec, ventillé, sans changements de température et à l’abri de la lumière, comme une armoire au grenier par exemple.

Séchage au four  La saison de la cueillette des racines étant l’automne c’est une saison fraîche et humide donc non optimale pour le séchage. Après les avoir bien lavées de leur terre on les sèchera plutôt dans un four chauffé à 50 °C, au déshydrateur ou sur un radiateur.

Le récipient Les plantes peuvent se conserver dans un sac en papier, une pochette en tissu, un pot en grès ou en verre, dans un endroit sec et à l’abri de la lumière. Si vous décidez de les mettre dans des bocaux hermétiques, veillez à être sûr que la plante est parfaitement sèche sinon il y aura développement de moisissures.

Pensez à étiqueter votre récipient avec les noms, dates et lieux de récolte. Les plantes ne doivent pas être gardées au-delà d’une année bien que certains les gardent jusqu’à deux ans, notamment certaines herboristeries. La couleur et l’odeur est un bon critère pour savoir si la plante a bien gardé ses propriétés.

Comment préparer sa tisane ?

Quelques règles simples sont applicables pour bien profiter des vertus des tisanes. Il est possible de réaliser des mélanges, pour cumuler les bénéfices santé.

La tisane se prépare soit en infusion : on laisse la plante infuser une dizaine de minutes dans l’eau portée à légère ébullition, à couvert, puis on filtre et on boit.

Soit en décoction : on met la plante dans l’eau froide, on porte à légère ébullition durant quelques minutes dans la casserole à couvert, plus ou moins longtemps en fonction de la substance, plus elle sera coriace, fibreuse et épaise plus ce sera long.

Soit en macération dans l’eau à température ambiante ou à basse température , maximum 50 degrés. On utilise cette technique par exemple pour les cynorhodons de l’églantier après les avoir réduit en petits morceaux, cela permet de ne pas détruire une partie de la vit C. Ce faux fruit contient en moyenne plus de 20 fois plus de vitamine C que l’orange.

Une autre plante que l’on fera macérer est la racine de guimauve. Pour ces deux plantes une nuit de macération sera parfait et pratique.

Enfin, si vous souhaitez sucrer, choisissez de préférence le miel. C’est un antiseptique naturel bon pour la santé !

Avec l’aimable autorisation de l’auteur. A retrouver sur son blog !