Ah, là, je sens que j’ai capté votre attention ! Quel titre racoleur, non ?

Et l’intérêt, voire l’envie que ce titre peut susciter chez vous est sans doute à l’image des attentes inconscientes que j’avais placées dans cette rencontre.

Alors, pour faire taire les éventuelles images qui vous viennent à l’esprit, je tiens à préciser d’emblée que Didier n’a ni barbe blanche, ni robe, ni serpe. Il célèbre des noces celtes en forêt mais peut se fondre dans le décor. Vous remarquerez peut-être (quoique…) sa croix celte et sa chemise de toile.

Au commencement étaient les chamans. Originaires de Sibérie, les migrations de populations ont emporté leurs pratiques un peu partout dans le monde. Le druide, pour ce que j’en ai compris, était plutôt un homme de loi dans les peuplades celtes. L’oblat soignait. Le barde enchantait par sa musique. Comme certaines peuplades étaient de tailles restreintes, il était fréquent que le druide et l’oblat soient une seule et même personne.

Il n’y a pas de Poudlard ou autre centre de formation pour les druides ou les chamans. Chacun a non seulement suivi un certain nombre de rites initiatiques, mais il a, de plus, été « reconnu » par ses pairs. Tous ces rites visent à dépasser ces peurs et croyances qui nous aliènent pour atteindre à une réelle liberté et à un élargissement du champ de la conscience.

Exemple de rituel initiatique : l’enterrement. Vous creusez votre propre tombe, puis vous prononcez votre propre épitaphe. Ensuite, on vous enveloppe dans un linceul, on vous descend dans le trou avec un tuyau pour respirer et on vous enterre… pendant 3 heures (si vous criez au secours avant, on vous en sort évidemment). Après cela, autant dire que marcher sur des braises est une partie de plaisir !

Voilà pour la théorie.

« Bon, d’accord », me direz-vous, « mais ça vit comment un druide ? »

Et là, je sens que je vais casser le mythe.

Didier fait ses courses à La Vie Claire, Biocoop ou Super U, paye des impôts, un loyer, est amoureux, conduit un SUV, joue avec le chat de la maison, promène le chien…

Bref, un druide, c’est un gars comme les autres qui a vécu des trucs hors norme. Enfin ce druide-là en tout cas ! Ça m’a fait un peu le même effet que lors de ma semaine en solitaire (cf. mon article du mois dernier sur le jeûne) : tu t’attends à une expérience exceptionnelle et tu tombes les deux pieds dans la vie avec tout ce qu’elle comporte d’ordinaire et de charmant. Dans la série des trucs peu ordinaires (quand même !) que j’ai expérimentés pendant ces 40 heures :

  • une peau d’ours au bout de mon lit avec des pattes grandes comme ma main et des griffes aussi larges et longues que mon petit doigt. Je l’ai caressée plein de fois (ce n’est quand même pas tous les jours que je peux faire un câlin à un ours brun !)

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  • les balades en forêt ou dans la campagne alentours pour aller chercher les plantes sauvages comestibles que nous allions ajouter à notre frugal repas. Je n’ai pas été dépaysée une seconde parce que j’avais déjà complètement changé ma façon de m’alimenter depuis mon jeûne…. Mais j’ai appris à reconnaître plein de plantes et je continue de faire les courses dans mon jardin.

 

  • La prière à Panchamama (la Terre-Mère) avant de manger
  • La conduite sportive et limite dangereuse de mon hôte (mais ça, ce n’est pas parce qu’il est druide, c’est juste Didier !)

Pour conclure sur cette expérience, j’ai surtout réalisé que j’étais encore très conditionnée, voire impressionnée, par certaines désignations ou titres, alors que, derrière mon imagerie se tient la plupart du temps une réalité toute simple qui ne demande qu’à se laisser découvrir et vivre…simplement.

Sophie Lespinasse