La quête du bonheur nous rendrait malheureux. Joli paradoxe n’est-ce pas ? Vous connaissez sans doute quelques personnes qui aspirent à être plus heureuses ? C’est une volonté bien naturelle et extrêmement louable et pourtant, dans cette quête, il peut être intéressant de comprendre ce qui nous motive pour ne pas se tromper de direction et risquer d’obtenir le contraire de ce que nous recherchons.

Besoin et stratégies

La société dans laquelle nous vivons est parvenue à ancrer dans nos esprits que pour être heureux, il faut AVOIR. Les publicités nous lavent en permanence le cerveau, y compris quand nous ne le souhaitons pas, dans des lieux publics par exemple où nous ne pouvons pas choisir de ne pas voir les panneaux ou les affiches. Elles créent en nous des tensions que nous ne pouvons dissiper que par l’achat. Tout le monde sait cela. Tout le monde pense ne pas être concerné.

Le système éducatif, qui repose sur la compétition, nous apprend depuis tout jeune, en dépit souvent des meilleures intentions des enseignants, qu’il faut être meilleur que les autres pour “réussir”. Mais réussir quoi ? A gravir l’échelle sociale sans doute, afin d’être certain de devenir de bons consommateurs et de pouvoir faire de plus gros emprunts aux banques ? Les valeurs qui favorisent la réussite de l’humain dans son accomplissement personnel, l’entraide, la cohésion, l’estime et le respect de soi, la créativité, etc. sont, au mieux, reléguées au second plan, au pire, niées. Ce qui constitue la richesse et l’unicité des individus est le plus souvent broyé au profit des normes.

Le bonheur est en nous

Dans un monde tel que celui-là, il peut nous arriver de fonctionner comme des puits sans fond. Nous cherchons à l’extérieur de nous-mêmes de quoi nous remplir : des biens de consommation, de la nourriture, de l’alcool, du tabac, du sexe, des partenaires multiples ou bien la présence indispensable d’une seule personne, de l’argent, des jeux, des emplois du temps surchargés, des rôles importants, du pouvoir…
Malheureusement le vide que nos inconscients cherchent à combler ne peut pas être comblé par l’extérieur. Et faute d’éveil et de conscience de soi, le bonheur lié à cette satisfaction est illusoire.

Pour s’en convaincre, il suffit d’imaginer la perte de ces objets de désir, quels qu’ils soient. Au delà d’un deuil, bien légitime, surtout lors de la perte d’un être cher, si l’on sent poindre une forme d’insécurité, c’est probablement qu’on a abandonné la responsabilité de notre bonheur au profit d’éléments extérieurs, qu’on a confondu nos besoins avec les stratégies créées pour les satisfaire.

Accepter la part d’ombre

Imaginer le bonheur comme un aboutissement est probablement le meilleur moyen de ne jamais le connaître. La vie est faite d’épreuves, de difficultés. Nier cela ou espérer qu’un jour, il en sera autrement, nous condamne à la déception. A chaque fois que l’on pensera avoir atteint le bonheur, la vie nous assènera un nouveau “coup” et de déception en déception, on en finira par croire que le bonheur n’existe pas, ou qu’il n’est pas pour nous. Nous cultiverons ainsi des sentiments d’impuissance et de désespoir qui nous ferment précisément au bonheur.

On peut être tenté de chercher un sens à ces difficultés. Donner du sens est un excellent moyen d’accepter, de dépasser. Si l’on décide de croire, par exemple, que ces épreuves nous sont utiles pour apprendre et pour grandir, alors elles deviendront plus supportables et ne s’opposeront plus à l’idée même du bonheur.

Bien au-delà du fait de se contenter de ce que l’on a, donner un sens à son existence serait une caractéristique commune aux individus qui se sentent le plus heureux, une sorte de super-croyance qui permettrait de transcender les aléas de la vie, de produire de la résilience.

Le bonheur n’existe pas

Le bonheur n’existe pas. Ce n’est qu’une vue de l’esprit, une manière de regarder le monde et l’existence. En acceptant la part d’ombre, celle qui est en nous, celle qui est en chacun, celle qui constitue la vie, les évènements douloureux n’occuperont pas plus de place que nécessaire et n’empêcheront pas le bonheur de prendre la sienne.

Je ne vous propose pas de méthode miracle pour ne plus ressentir de douleur, de tristesse, de peine… Au contraire ! Il est important de pouvoir éprouver cela aussi. C’est précisément en cessant de lutter contre ce que l’on pourrait qualifier de négatif qu’on trouve la paix. C’est en acceptant de traverser des moments plus sombres et en gardant l’espoir que cela ne dure jamais qu’on peut devenir plus serein.

Accepter ne signifie pas être d’accord, soyons-le bien ! Il ne s’agit pas de devenir passif, d’être spectateur de sa vie, mais simplement ne plus être en conflit permanent contre ce qui ne peut être évité. Il est important de garder à l’esprit que ce n’est qu’un positionnement psychique, pas une invitation au renoncement ! Si la lutte contre l’inéluctable mérite de cesser, c’est justement pour pouvoir vous laisser l’énergie d’agir là où vous le pouvez.

Pour conclure

Nous avons tous la responsabilité de notre propre bonheur. L’essence même du développement personnel est de pouvoir devenir suffisamment autonome dans cette “construction”.

En prenant conscience de nos besoins et de la manière dont on souhaite les nourrir, en les exprimant sincèrement et avec confiance aux personnes qui nous entourent (car nous sommes des êtres relationnels, le besoin de contact est vital) et en acceptant ce qui ne peut être évité, selon le principe de réalité, on peut se débarrasser peu à peu des automatismes qui nous enferment, des compulsions, des peurs irrationnelles, de la solitude et de l’insécurité qui sont autant de freins à la sérénité et au bonheur.

Il ne tient qu’à vous d’être heureux. Mais vous avez le droit de vous faire aider 😉

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Boris Amiot

Sourcehttp://www.borisamiot.com/chercher-bonheur